Esclavage |
| Esclavage : en Mai, débarrassez-vous du sillage !
Bien sûr, comme le voudrait une opinion de plus en plus partagée en Martinique, nul ne saurait savoir qui il est s'il ne sait pas d'où il vient. Soit. Mais, en ce sens, commémorer la disparition de Saint-Pierre, celà peut être de faire apparaître au grand jour, de mettre en valeur, non pas seulement le souvenir douloureux mais aussi des éléments de la vie quotidienne de l'époque, des peines et des joies de ces hommes et ces femmes qui furent nos ancêtres. En ce sens également, commémorer la date du 22 mai comme jour symbolique de l'émancipation des esclaves de Martinique, celà peut être de faire apparaître au grand jour, de mettre en valeur, non pas seulement les souffrances de la servitude, mais aussi la victoire joyeuse de la libération de ces hommes et de ces femmes qui furent nos ancêtres ; non pas seulement les turpitudes des colons et des esclavagistes, mais la victoire du respect de l'autre, du respect de l'Homme. Peut-être cette vision des choses en surprendra-t-elle plus d'un ! Mais enfin, qui sommes-nous ? Des êtres farouchement pré-déterminés par notre passé ? Ou des hommes et des femmes dont la volonté de libre arbitre peut leur permettre de voir l'avenir -et de le construire- plutôt que de rester figés sur les choses d'autrefois ? Et puis, dites-moi, franchement : quand nous voyons sur l'eau un canot avancer, en concluons-nous que ce qui le pousse en avant, c'est la trace qu'il laisse sur l'eau derrière lui ? En concluons-nous que ce qui lui permet se propulser vers l'avant, c'est son sillage plutôt que son moteur ? Débarrassons-nous du sillage ! |
Chez nous, mai est un mois tout particulier, marqué chaque année par deux événements historiques. Je veux parler du souvenir de la catastrophe de Saint-Pierre du 8 mai 1902, et de l'émancipation des esclaves commémorée le 22 mai.